Paru en 2021 et immédiatement réédité, « Les Dynasties de Camargue » est le fruit de 15 ans de travail et 5 mois de studio. Un livre-monument sur les familles qui font vivre la culture taurine.
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Il y avait déjà des livres sur la Camargue. Des beaux livres, des encyclopédies de la faune et de la flore, des albums de paysages. Mais un livre sur les gens de la Camargue — sur ces familles qui depuis des générations font vivre une culture à nulle autre pareille — il n’en existait pas. C’est ce manque que Patrick Frilet et Gil Lorfèvre ont voulu combler avec Les Dynasties de Camargue, paru en novembre 2021 aux éditions Escourbiac.
Quand Patrick Frilet raconte la genèse du livre, il faut écouter les chiffres : quinze ans de reportages sur les terrains de la bouvine, des arènes de Nîmes aux marais de Camargue, des estivages aux manadées. Puis cinq mois de studio en plein air, monté dans les propriétés des familles ou dans les jardins, pour réaliser les portraits qui constituent l’âme du livre. Au total : 256 pages, plus de 150 photographies, et la participation de trois auteurs — Patrick Frilet pour les photos, Gil Lorfèvre pour les textes (journaliste à Midi Libre), et Henri Itier, ancien président de la Fédération Française de course camarguaise pendant 18 ans, pour la préface et la légitimité dans ce monde fermé.
Pour figurer dans l’ouvrage, une règle s’est imposée d’elle-même : pouvoir justifier de trois générations dans le monde de la bouvine — en tant que manadier, raseteur, gardian, artisan ou dame portant le costume traditionnel d’Arlésienne. C’est cette exigence qui donne son titre au livre, et sa profondeur. On n’y trouve pas des passés, des amateurs ou des touristes de la culture. On y trouve des dynasties.
Les Raynaud, manadiers de père en fils depuis des décennies. Les Lescot, figure incontournable du monde de la bouvine. Les Lesbros, quatre générations de femmes passionnées par le costume traditionnel. Et des dizaines d’autres — raseteurs, selliers, fabricants de trophées en métal, éleveurs des grandes manades comme le Domaine de Méjanes ou le Domaine Paul Ricard.
Pour les portraits, Patrick Frilet a eu une idée qui s’est révélée décisive. En se souvenant des photographes africains qui font poser leurs sujets devant des toiles de pagnes colorées, il a transposé le concept à la Camargue : les hommes et les femmes de Camargue ont été photographiés devant de grandes tentures prêtées par Les Indiennes de Nîmes et Mistral — ces imprimés provenaux aux motifs colorés qui habillent les chemises des gardians et les robes des Arlésiennes depuis des siècles.
Le résultat est saisissant : une unité visuelle qui traverse tout l’ouvrage, qui fait de chaque portrait un tableau, et qui ancre profondément ces visages dans leur territoire culturel sans jamais tomber dans le folklore. L’ouvrage, sobrement maquetté pour que les couleurs des tissus provenaux explosent à chaque page, a été encensé par la presse régionale.
Publié en novembre 2021, le livre a immédiatement trouvé son public. La première édition épuisée, une réédition a été nécessaire. Des photos extraites de l’ouvrage ont habité les arènes de Nîmes pendant l’été 2022, puis les grilles de l’amphithéâtre romain à l’automne de la même année. En 2023, une sélection a été exposée au parc Victor Hugo à Lunel. Et en février 2025, l’exposition a voyagé jusqu’en Inde, à la galerie Aurodhan de Pondichéry, où un public fasciné par les traditions françaises a découvert ces images pour la première fois.
Parmi les moments forts de l’aventure, Patrick Frilet évoque avec émotion la photo de la famille Raynaud, prise peu avant le décès de Marcel, le patriarche : « On lui a dédié le livre.»
Disponible au prix de 39 euros dans les principales librairies de la région : Cultura et Actes Sud à Arles, Goyard et Teissier à Nîmes, De Natura Rerum à Arles, Les Grandes Largeurs à Arles, Catygor à Aigues-Mortes, Les Mots Bleus à Beaucaire, Sauramps à Montpellier. Egalement disponible directement auprès de Patrick Frilet à patrick@frilet.net.
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