Pour le 18ème Festival de la Camargue, Patrick Frilet exposé quinze ans de regard sur un peuple — manadiers, raseteurs, Arlésiennes — en plein air et en accès libre à Port-Saint-Louis-du-Rhône.
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Chaque année au mois de mai, Port-Saint-Louis-du-Rhône se transforme. Les arènes, les rues, les jardins — tout le village vibre au rythme du Festival de la Camargue et du Delta du Rhône, rendez-vous incontournable des amateurs de culture taurine, équestre et camarguaise. Pour sa 18ème édition, du 13 au 17 mai 2026, le festival accueille une exposition photographique majeure : Sur les traces du peuple des taureaux, de Patrick Frilet.
Les photographies présentées ne sont pas nées d’une commande ni d’une mission express. Elles sont le fruit de quinze années d’immersion au cœur de la Camargue, menées par un homme qui a fait du territoire son terrain de vie autant que de travail. Patrick Frilet s’est installé à Aigues-Vives dans le Gard en 2000, et depuis, il n’a cessé de sillonner les marais, les arènes, les manades et les estivages pour capturer ce qui fait l’essence de la Camargue.
Tirées de son livre Les Dynasties de Camargue, co-écrit avec le journaliste Gil Lorfèvre et publié en 2021, ces images explorent l’univers des dynasties de manadiers, de raseteurs et d’Arlésiennes — ces familles qui, depuis plus de trois générations, font vivre et transmettent une culture unique au monde.
Ce qui frappe dans le travail de Patrick Frilet, c’est cette capacité à saisir les deux visages d’une même passion. D’un côté, les anciens : ceux qui portent dans leurs mains calleuses et leurs regards posés le poids de toute une histoire, l’envie de transmettre avant qu’il ne soit trop tard. De l’autre, les jeunes générations : ceux qui ont grandi avec l’odeur de la bouvine, qui portent le costume d’Arlésienne ou enfourche un cheval camarguais avec la conviction que cette culture a un avenir.
Ensemble, ils forment ce territoire unique et fascinant que l’objectif de Patrick Frilet a su rendre visible pour ceux qui ne le connaissent pas encore.
L’un des fils directeurs de cette exposition, Patrick Frilet le martelle depuis des années : en France, trop de gens confondent encore la corrida espagnole et la course camarguaise. « Il y a encore trop de gens qui confondent tout : la tauromachie espagnole et les courses camarguaises ou les abrivado. La course camarguaise a besoin d’autant d’explications pour un néophyte que la corrida !»
La course camarguaise — où le taureau n’est pas blessé mais où les raseteurs, tout de blanc vêtus, arrachent les attributs fixés sur ses cornes — est un sport spectaculaire, exigeant et profondément ancré dans la culture locale. Ses champions sont des légendes vivantes dans la région. Ses taureaux, élevés en semi-liberté dans les marais, sont les vrais rois de la Camargue.
L’exposition investit la clôture des arènes de Port-Saint-Louis-du-Rhône, rue Ambroise Croizat — un espace extérieur qui fait de ces photos un dialogue permanent entre les images et le territoire qu’elles racontent. Pas de billet d’entrée, pas de vernissage select : ici, la culture est ouverte à tous, en toute simplicité, à la façon camarguaise.
C’est la première fois que ces photographies sont présentées dans ce cadre festivalier depuis leur succès aux arènes de Nîmes en 2022 et leur voyage jusqu’à Pondichéry en Inde en 2025, où elles avaient été exposées à la galerie Aurodhan devant un public fasciné par ces traditions françaises méconnues.
Dates : 13 au 17 mai 2026
Lieu : Clôture des arènes, rue Ambroise Croizat, Port-Saint-Louis-du-Rhône
Accès : Libre, tout public, en extérieur
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